Installer une borne de recharge en location : les droits du locataire sur sa place de parking

Un locataire peut installer une borne de recharge sur sa place de parking privative, à ses frais, après simple information du bailleur. Le bailleur ne peut s'y opposer que pour un motif sérieux et légitime, dans un délai de trois mois. La demande passe aussi par le syndic de copropriété, qui inscrit le projet à l'ordre du jour de l'assemblée générale.

Publié le 29 septembre 2026 · par IBR — Installation Borne de Recharge

Le cadre légal : le droit à la prise pour les locataires

Le droit à la prise, issu de la loi et précisé par le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017, permet à tout occupant d'un immeuble collectif – locataire compris – de faire installer une borne de recharge pour véhicule électrique sur son emplacement de stationnement privatif. Le locataire n'a pas besoin de l'accord de son bailleur : une simple information suffit. Le bailleur ne peut refuser que s'il saisit le tribunal dans un délai de trois mois, et uniquement pour un motif sérieux et légitime, comme un risque avéré pour la sécurité ou une impossibilité technique majeure.

  • Le locataire informe son bailleur par écrit (lettre recommandée de préférence) du projet d'installation.
  • Le bailleur dispose de trois mois pour saisir le tribunal s'il estime avoir un motif sérieux et légitime de s'opposer.
  • En l'absence de saisine dans ce délai, le locataire peut réaliser l'installation à ses frais.
  • Le locataire supporte seul le coût de la borne, de la pose et des éventuelles adaptations électriques.

Démarches en copropriété : le rôle du syndic

En copropriété, la demande du locataire transite par le syndic. Le locataire adresse sa demande au syndic, qui doit inscrire le point à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. L'assemblée ne vote pas d'autorisation : elle prend acte de la demande. Les copropriétaires peuvent toutefois s'opposer devant le tribunal dans un délai de trois mois, pour un motif sérieux et légitime. Cette procédure est détaillée dans notre guide sur le droit à la prise en copropriété.

Le locataire doit fournir un descriptif technique de l'installation envisagée, généralement établi par un installateur qualifié IRVE. Ce document permet au syndic et aux copropriétaires d'évaluer l'impact sur les parties communes et la sécurité de l'immeuble.

Quels motifs de refus sont recevables ?

Le refus du bailleur ou du syndicat des copropriétaires n'est possible que pour un motif sérieux et légitime. La jurisprudence considère comme tels : une impossibilité technique avérée (absence de colonne montante adaptée, impossibilité de faire passer un câble sans dégrader les parties communes), un risque électrique non maîtrisable, ou une atteinte à la destination de l'immeuble. Un simple désaccord esthétique ou la crainte d'une dévalorisation ne constituent pas des motifs légitimes.

Quelles obligations techniques pour l'installation ?

Au-delà de 3,7 kW, l'installation doit être réalisée par un professionnel titulaire de la qualification IRVE. La norme NF C 15-100 impose un circuit spécialisé et une protection différentielle 30 mA de type A, F ou B selon le matériel. Un différentiel de type AC ne convient pas. L'installation doit faire l'objet d'une attestation de conformité Consuel, délivrée après vérification par un organisme agréé.

  • Circuit dédié depuis le tableau électrique du logement ou des parties communes, avec accord du syndic.
  • Protection différentielle 30 mA adaptée au type de borne (type A, F ou B).
  • Section de câble calculée en fonction de la distance et de la puissance.
  • Attestation Consuel obligatoire pour toute installation neuve ou modifiée.

Coûts et aides : ce qui reste à la charge du locataire

Le locataire finance l'intégralité de l'installation : fourniture de la borne, main-d'œuvre, adaptations électriques. Il peut bénéficier de la TVA à 5,5 % si le logement est achevé depuis plus de deux ans et que la fourniture et la pose sont facturées par une même entreprise qualifiée IRVE. Le crédit d'impôt CIBRE, qui permettait de déduire 75 % des dépenses, n'a pas été reconduit et n'existe plus depuis fin 2025. La prime Advenir ne couvre pas la maison individuelle et ne s'applique pas aux locataires en résidentiel collectif, sauf cas particuliers via le syndicat des copropriétaires.

Poste de dépenseFourchette indicative
Wallbox 7,4 kW posée, tableau à moins de 10 m1 200 à 1 500 € TTC
Wallbox 7,4 kW, 10 à 25 m ou passage en façade1 500 à 1 900 € TTC
Borne 11 à 22 kW triphasée1 900 à 2 600 € TTC
Passage en souterrain avec tranchée400 à 1 200 € de plus
Tarifs constatés par IBR pour une installation conforme, hors aides éventuelles.

Que se passe-t-il en fin de bail ?

La borne installée par le locataire reste sa propriété. À son départ, il doit la déposer et remettre l'emplacement en état, sauf accord contraire avec le bailleur ou le repreneur. Le bailleur peut proposer de racheter la borne, mais n'y est pas tenu. Si le locataire la laisse en place sans accord, il s'expose à des frais de remise en état.

Questions fréquentes

Un locataire peut-il installer une borne de recharge sans l'accord du bailleur ?
Oui. Le locataire n'a pas besoin d'une autorisation expresse : il doit informer son bailleur par écrit. Le bailleur ne peut s'opposer à l'installation que s'il saisit le tribunal dans un délai de trois mois, en justifiant d'un motif sérieux et légitime, comme une impossibilité technique ou un risque pour la sécurité. En l'absence de saisine dans ce délai, le locataire peut réaliser les travaux à ses frais. Cette procédure s'applique aussi en copropriété, où le syndic inscrit la demande à l'ordre du jour de l'assemblée générale, qui en prend acte sans vote d'autorisation.
Quels sont les motifs légitimes de refus d'une borne de recharge par le bailleur ?
Le refus n'est possible que pour un motif sérieux et légitime, apprécié par le juge en cas de litige. Sont généralement reconnus : une impossibilité technique avérée (absence de colonne montante adaptée, passage de câble impossible sans dégrader les parties communes), un risque électrique non maîtrisable, ou une atteinte à la destination de l'immeuble. Un désaccord esthétique, une crainte de dévalorisation ou la simple volonté de ne pas voir de borne ne constituent pas des motifs légitimes. Le bailleur doit saisir le tribunal dans les trois mois suivant l'information du projet.
Le locataire peut-il bénéficier d'aides pour installer une borne de recharge ?
Le locataire peut bénéficier de la TVA à 5,5 % si le logement est achevé depuis plus de deux ans et que la fourniture et la pose sont facturées par une même entreprise qualifiée IRVE. Le crédit d'impôt CIBRE, qui offrait 75 % de déduction, n'a pas été reconduit et n'existe plus depuis fin 2025. La prime Advenir ne couvre pas la maison individuelle et ne s'applique pas directement au locataire en résidentiel collectif, sauf si le syndicat des copropriétaires porte le projet. Le locataire doit donc financer l'installation sur ses fonds propres, avec un coût courant de 1 200 à 1 900 € TTC pour une wallbox 7,4 kW.

Les montants, taux et références réglementaires cités dans cet article proviennent de nos faits vérifiés au 29 septembre 2026. Nous les corrigeons quand la règle change.

Un projet de borne ? On mesure avant de chiffrer.

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